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Couverture_RevueHistorie
Parution du numéro n°62 des Collections de L’Histoire, consacré à l’histoire longue du Vietnam, avec les contributions de deux chercheurs de l’IAO (Christopher Goscha, chercheur associé et François Guillemot, IR à l’IAO). Présentation intégrale du numéro sur le site du magazine : http://www.histoire.presse.fr/

Présentation de l’éditeur

Nul n’a oublié la terrible succession des guerres qui ont ravagé le Vietnam pendant plus de trente ans à partir de 1945 et la diaspora qui en découla. On connait aussi la période coloniale de l’Indochine pourvoyeuse de café et de caoutchouc, et de clichés exotiques. Mais que sait-on des cent tribus originelles, des empereurs Lê et Nguyen, de dame Triêu et des soeurs Trung, les “Jeanne d’Arc vietnamiennes” ? Que sait-on aujourd’hui de cette discrète puissance régionale, toujours communiste dans l’exercice du pouvoir mais ouverte à l’économie de marché ? Les meilleurs spécialistes racontent l’histoire longue du Vietnam.

Par Pierre Asselin, Pierre Brocheux, Christophe Goscha, Pierre Grosser, Annick Guénel, François Guillemot, Andrew Hardy, Michel Hoàng, Pierre Journoud, Anne-Marie Moulin, Philippe Papin, Emmanuel Poisson, Dominique Rolland, Hugues Tertrais, Benoît de Tréglodé.

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Pierre-Emmanuel Bachelet a soutenu le lundi 8 juillet 2013 son mémoire de Master 2 en Histoire moderne et contemporaine à l’ENS de Lyon. Mémoire dirigé par Jean-Pascal Bassino (Professeur, Université de Grenoble) et François Guillemot (IR CNRS, IAO).

Reposant sur l’étude rigoureuse d’un corpus de près de 70 cartes anciennes de multiples provenances (européennes, chinoises, vietnamiennes, japonaises ou arabes), P.-E. Bachelet propose une approche du territoire cam par le ciel et une vue de la mer. Ce Champa « vu du ciel et de la mer » offre une image inédite de la représentation spatiale (par les étrangers) de ce royaume disparu et de son importance à travers les siècles. En faisant appel aux documents cartographiques et géographiques (à travers les données des routiers), cette étude historique, entreprise sur la longue durée, est une belle contribution aux études cam et ouvre des perspectives de recherche sur les réseaux commerciaux, la représentation de l’autre et la circulation des idées en Asie du Sud-Est.

Détail du Kunyu Wanguo Quantu (坤輿萬國全圖). Reproduction japonaise, circa 1605

Détail du Kunyu Wanguo Quantu (坤輿萬國全圖). Reproduction japonaise, circa 1605

Cartographies et représentations géographiques du Campā, des premiers siècles de l’ère chrétienne au milieu du XIXe siècle

Un aperçu de la géographie du royaume cam d’après les géographes et les navigateurs asiatiques, musulmans et européens.

Pierre-Emmanuel Bachelet, ENS de Lyon

Résumé

Cette étude s’intéresse à la place qu’occupe le Campā dans la cartographie européenne, musulmane et asiatique et dans les textes qui ont trait à sa géographie. Il tente d’apporter un éclairage différent, à travers un nouveau type de sources, sur l’importance du royaume cam dans les réseaux commerciaux d’Asie du Sud-Est et sur la connaissance qu’en ont les géographes et navigateurs. Les cartographies chinoise, japonaise et vietnamienne y sont abordées : ces cartes mettent l’accent sur la conception symbolique que les Chinois ou les Japonais ont du monde, ou encore sur les revendications politiques et territoriales des Chinois et Vietnamiens en Asie du Sud-Est. Les cartographes musulmans et européens tentent quand à eux de donner une image plus réaliste de ces contrées éloignées, en intégrant à leurs travaux des informations issues des auteurs médiévaux (Marco Polo…), de Ptolémée et bien entendu des navigateurs qui explorent les côtes cam à partir du XVIe siècle. Dans tous les cas on assiste à une standardisation autour de critères cartographiques occidentaux, du XVIIe au XIXe siècle : le Campā occupe une place de plus en plus réduite dans ces cartes, ce qui est peu étonnant vu les amputations territoriales subies au long de ces périodes. Récits de voyage, routiers, récits de missionnaires et encyclopédies permettent de compléter cet aperçu en intégrant des descriptions des côtes, des coordonnées et d’autres détails sur la géographie du royaume cam.

P.-E. Bachelet a travaillé en M1 sur l’historiographie du Campā et sur les sources européennes relatives à l’activité commerciale, la situation politique et la société cam. Il a consacré son M2 à la place du Campā dans la cartographie et projette de travailler en thèse sur les relations entre le Campā/le Sud Viêt Nam et le Japon aux XVIe et XVIIe siècles.

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21 juin 2013 : Ouverture officielle du carnet de recherche « Femmes & Guerres au Viêt-Nam » sur Hypothese.org.

Le carnet de recherche « Femmes & Guerres au Viêt-Nam, expériences transnationales » est dédié à la connais­sance des phé­no­mè­nes des guer­res et de leur rela­tion au genre à partir de l’exemple vietnamien. Qu’elles soient actrices, victimes, engagées ou non concernées, les femmes et leur positionnement social dans le phénomène guerre nous paraît intéressant à étudier à plus d’un titre.

Outre son objectif principal d’outil accompagnant notre recherche, ce carnet pro­po­se aux chercheur-e-s et visi­teurs une docu­men­ta­tion textuelle, iconographique, audiovisuelle en ligne, riche et variée, et une réflexion sur la thé­ma­ti­que plus générale « des femmes et des guer­res » et de leurs expériences croisées de la guerre.

Toute contribution scientifique est bienvenue.

Lien : http://guerillera.hypotheses.org/

Ecran_Femmes&GuerresVietNam

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Dans Communisme 2013, le dossier est consacré au Vietnam où le communisme a joué longtemps, sous la direction du Komintern, un triple rôle, à la fois dans la dissémination de l’idéologie révolutionnaire au sein de l’Indochine coloniale, dans l’instauration d’un régime communiste et par l’impact des guerres d’Indochine et du Vietnam dans les relations internationales et dans l’imaginaire révolutionnaire du second XXe siècle ; composé de dix chapitres, ce dossier, qui apporte un éclairage largement inédit, est placé sous la direction de Christopher E. Goscha, spécialiste américain mondialement reconnu de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation en Asie du Sud-Est.

https://i2.wp.com/f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/973/files/2013/03/Communisme2013_Vietnam2.jpg

La fin de la guerre froide, la chute du communisme, l’accès partiel des archives du Vietnam et l’ouverture de ce pays au monde, qui a permis à des historiens non vietnamiens de mener à bien leurs recherches sur le terrain, de dialoguer avec leurs homologues sur place et d’interroger des témoins, ont contribué à une renouvellement important des études sur le communisme vietnamien. “Oubliant les tabous”, comme l’écrit Christopher Goscha, qui a dirigé ce dossier, une nouvelle génération de chercheurs délaisse les approches idéologiques, qu’elles soient communistes ou nationalistes, pour mettre au jour de nouvelles sources, de nouvelles interprétations, concernant notamment les rapports entre PC français et indochinois, les tentatives réformistes au lendemain de la mort de Staline ; le culte des martyrs de la révolution ou bien encore la réappropriation par le parti communiste d’une culture traditionnelle… [extrait du texte du dos de couverture].

Sommaire :

  • Introduction de Christopher E. Goscha, pp. 11-14.
  • Christopher E. Goscha, Pour une histoire transnationale du communisme asiatique. Les chevauchements sino-vietnamiennes dans les mers du Sud, pp. 21-46.
  • Céline Marangé, Le PCF, le Komintern et Ho Chi Minh, 1920-1926, pp. 47-76.
  • Tuong Vu, Rêves de paradis. Un poste avancé soviétique au Vietnam, pp. 77-108.
  • Alec Holcombe, Staline et les procès de Moscou vus du Vietnam, pp. 109-158.
  • Benoît de Tréglodé, La vie des morts. Recomposition d’une lignée vertueuse dans le Vietnam de Hồ Chí Minh, pp. 159-183.
  • Peter Zinoman, Dissidents ou réformateurs ? Nhân Văn–Giai Phẩm dans le Vietnam des années 1950, pp. 185-229
  • Vatthana Pholsena, Une génération de patriotes. L’éducation révolutionnaire du Laos au Nord-Vietnam, pp. 231-258.
  • François Guillemot, De l’invention et de l’usage de « l’ennemi intérieur ». Vraie et fausse contre-révolution au Nord-Vietnam 1945-1967, pp. 259-302.
  • Aliénor Anisensel, Le Parti et le patrimoine. Le cas de la tradition musicale du Ca trù, pp. 303-318.
  • Peter Zinoman, Lectures indochinoises. A propos de Vietnam at War de Mark Bradley, pp. 319-336.

A lire également dans la partie Asie de ce numéro spécial Vietnam :

  • Ian Harris, Persécution et récupération idéologique du bouddhisme sous le Kampuchéa démocratique, pp. 339-360
  • Henri Locard, Le procès de Dutch, 30 mars 2009 – 26 juillet 2010, pp. 361-409.
  • Stephan Blancke, La voie nord-coréenne. Du Djoutché à la ploutocratie ?, pp. 411-420.
  • [suite : parties « Amérique latine », « Europe », « France » et « Lectures »]

Source : Mémoires d’Indochine

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Le samedi 12 janvier 2013 de 13h à 17h s’est déroulé le séminaire « Orientation professionnelle et opportunité de travail » organisé par l’UEVL (Union des étudiants vietnamiens de Lyon) à la Mairie du 6e arrondissement de Lyon. Il s’agissait pour les intervenants de partager leurs expériences de travail dans le monde industriel ou dans l’enseignement supérieur. Ce quatrième séminaire visait également à développer le réseau des étudiants vietnamiens de Lyon pour les accompagner dans la recherche d’un emploi.

Le séminaire a été présidé par Vu Xuan Hong, Maître de Conférences à Lyon 1 et Président de l’UEVL et inauguré par Jean-Jacques David, Maire du 6e arrondissement de Lyon.

L’intervention de François Guillemot intitulée « Partage d’expériences pour devenir MCF en France » a rappelé dans ses grandes lignes le processus pour se porter candidat.e à un poste de MCF (Maître de Conférences) à l’université ou à un poste de CR (Chargé.e de recherche) au CNRS. En tant qu’ingénieur de recherche, il a fait part de son expérience dans le recrutement des ITA. L’auditoire était constitué d’une vingtaine d’étudiants.

Guillemot_KinhNghiemMCF

Programme des différentes interventions :

  • Emmanuel Louvet, Ingénieur des Mines, Directeur de site chez Le Tanneur : « Parcours et organisation dans l’industrie »
  • Pham Ba Tung, Engineering Development Process : « Worl Wide Design and Manufacturing Centre for Hydronic products and solutions »
  • Guillemot François, Ingénieur de Recherche au CNRS : « Partage d’expériences pour devenir MCF en France »
  • Le Van Ngoc, Ingénieur INSA de Lyon : « Recherche d’emploi via des réseaux professionnels en France ».

Voir le CR de la réunion sur le site vietnamien Dân trí : « Sinh viên Việt Nam cùng tìm hiểu về thế giới việc làm ở Pháp » (17/01/2013).

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Dans le cadre du programme de l’agrégation d’histoire de cette année portant sur “Les sociétés coloniales – Afrique, Asie, Antilles – années 1850-années 1950″, François Guillemot a proposé un aperçu de l’histoire contemporaine du Viêt-Nam à travers la thématique du nationalisme comme alternative au système colonial.

Résumé :

Cette intervention de quatre heures propose une lecture interne du “choc colonial” imposé au Viêt-Nam accompagné de ses interactions/adaptations et de ses violentes contestations. Le cheminement révolutionnaire vietnamien est analysé sous l’angle de l’histoire politique des organisations légales ou clandestines qui occupèrent le devant de la scène pendant un demi-siècle. Les bouleversements importants que provoque la colonisation sur les plans politiques, culturels, géographiques, économiques et sociaux engendrent plusieurs formes de résistance (mouvement d’Aide au Roi, millénarisme) et l’adaptation à la nouvelle donne par une profonde remise en cause de la monarchie acculée au déclin. En se concentrant sur les différentes solutions nationalistes exprimées par les Vietnamien-nes depuis le début du XXe siècle comme alternative viable au système colonial, l’intervention met en évidence de façon chronologique la multiplicité des nationalismes vietnamiens, leurs difficultés d’existence contre le système colonial ou en interaction avec celui-ci (par exemple avec Nguyen Van Vinh).

L’intervention s’intéresse au nationalisme traditionnel des monarchistes (du Can Vuong à Pham Quynh), au nationalisme démocratique (ou humaniste) de Phan Chu Trinh soucieux des droits de ses compatriotes, au nationalisme révolutionnaire que Phan Boi Chau initia, repris par le VNQDD, au nationalisme culturel du Tu Luc Van Doan (Groupe littéraire autonome) par lequel le Viêt-Nam découpé se restructure mentalement, au transnationalisme indochinois des Vietnamiens dans les années quarante. Ce dernier débouche sur deux voies : une voie communiste (Viêt Minh/PCI) qui reste fidèle à ce transnationalisme régional et une voie nationaliste impériale dans sa dimension conquérante incarnée par les nouveaux partis Dai Viêt sous l’occupation japonaise. Le processus qui mène à l’indépendance donne le sentiment d’une synthèse inachevée avec l’avènement d’un national-communisme aux contours flous lors de la Révolution d’août 1945. Avec le retour militaire de la France, toutes ces solutions, même modérées, sont mises en échec. Le nationalisme devient plus pragmatique (pour sa propre survie) avec l’État associé de Bao Dai. A la fin de la guerre d’Indochine et le partage du pays, il laisse la place à deux nationalismes d’État-Parti, l’un à vocation messianique avec le régime “personnaliste” de Ngo Dinh Diem en 1955 à Saigon, l’autre d’obédience marxiste-léniniste-maoïste, avec la mise en place d’un communisme de guerre pour conquérir le Sud.

Pour en savoir plus, voir le carnet de recherche : Mémoires d’Indochine

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Le dernier numéro des Grands dossiers du magazine Diplomatie (juin-juillet 2012) vient de paraître. Il est entièrement consacré à la géopolitique de l’Asie du Sud-Est. Cette région, forte de près de 600 millions d’habitants, focalise de plus en plus l’attention des Chinois et des Américains mais aussi des Russes ainsi que des Indiens et se trouve de ce fait au cœur de puissantes dynamiques géopolitiques. Ce numéro spécial de Diplomatie revient sur ces processus et analyse la situation, pays par pays.
Contributions de l’IAO à ce numéro :
Laurent Gédéon, “Vietnam, vers un nouveau positionnement stratégique ?”, pp. 67-70
Alban Sciascia, “Indonésie, le « gros lot » de l’Asie du Sud-Est”, pp. 45-48

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This symposium brought together former leaders of the Republic of Vietnam (RVN, or South Vietnam) with scholars of the Vietnam War, providing researchers with an opportunity to collect data directly from RVN military and civilian leaders.

To date, the majority of Western scholarship on Vietnam has been concerned primarily with American or North Vietnamese experiences, while studies on South Vietnam have largely been limited to the First Republic (1954-1963). There is still no full-length study of the RVN after the fall of Ngo Dinh Diem in 1963, a gap that critically limits our understanding of the Vietnam War.

This event broke new ground by focusing on several key developments that occurred after 1963, including the introduction and withdrawal of American combat troops, the rise of the South Vietnamese military in domestic politics, the development of an electoral system, agrarian reform, and transformations in international diplomacy.

South Vietnamese actors were at the center of these developments, rewriting the country’s constitution, introducing elected government, establishing legislative and judicial protocols, directing military campaigns, leading popular protest movements, participating in international diplomacy, and resisting or cooperating with the United States. Documenting the experiences of the last leaders of South Vietnam is essential to understanding the Vietnam War.

This project represents one of the first efforts to link the academic community with former South Vietnamese officials, whose experiences have largely been overlooked in Vietnam War scholarship.

The conference was attended by around forty participants. Over the two days, four panels were discussed fruitful and brought many unknown details on the political, social, cultural, economic and military life of the Second Republic of Vietnam (1967-1975).

US and Canadian scholars were present: Lien Hang Nguyen (University of Kentucky), Frederick Logevall (Cornell University, Director of the Mario Einaudi Center for International Studies), Stephen J. Morris (Johns Hopkins University), Nu-Anh Tran (University of California-Berkeley), Thomas Pepinsky (Cornell University), Geoffrey C. Stewart (University of Western Ontario), Tuong Vu (Princeton University), Van Nguyen-Marshall (Trent University, Ontario), Jay Veith (Author of Black April, The Fall of South Vietnam), and the team of young researchers from Cornell University (Alex Thai Vo, Ang Claudine, John Phan, Bui Hong, Edmund J.V. Oh, Sean Fear…). French scholar François Guillemot represented the Lyon Institute of East Asian Studies (IAO).

The Kahin Center – SEAP (Cornell University)

Dr. Keith Taylor (Cornell University) and François Guillemot (IAO)

South Vietnam Symposium

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François Guillemot, Dai Viêt, indépendance et révolution au Viêt-Nam. L’échec de la troisième voie (1938-1955), Paris, les Indes Savantes, 2012.


En étudiant l’évolution du Parti National du Grand Viêt-Nam (Đại Việt Quốc Dân Đảng) au sein du mouvement nationaliste vietnamien, ce livre permet de poser un regard neuf sur le processus de la révolution nationale et de la lutte pour l’indépendance dans le Viêt-Nam de la première moitié du XXe siècle. Par le biais d’événements méconnus, d’acteurs négligés par l’historiographie d’État, le rôle politique, la logique et la dynamique du mouvement Đại Việt sont restitués dans le contexte de la période 1945-1954 (guerre néo-coloniale, lutte contre le communisme et front chaud de la guerre froide). Concurrent du Việt Minh pendant la période révolutionnaire, le Đại Việt manqua sa révolution et fut l’une des cibles principales de la répression organisée par le Việt Minh de Hồ Chí Minh contre l’opposition nationaliste révolutionnaire en 1946. De son exil en Chine, il parvint à se reconstituer pour porter l’Empereur Bảo Đại à la tête d’un État national en 1949.

Cependant, sa conquête du pouvoir pour asseoir une « solution Đại Việt » contre une « solution Bảo Đại », jugée pro-française, fut brisée à la fois par le Chef de l’État vietnamien, par les autorités françaises et par le terrorisme communiste. À travers l’histoire de ce mouvement, la logique de la guerre civile dans laquelle se débattit le Viêt-Nam pendant plus de trente ans apparaît plus clairement. Cette contribution majeure à l’histoire du nationalisme vietnamien au XXe siècle offre ainsi une nouvelle grille de lecture de la fameuse « Révolution d’août » de 1945 et du conflit franco-vietnamien.

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Christopher Goscha, Spécialiste reconnu de la guerre d’Indochine. Professeur en relations internationales à l’Université du Québec à Montréal, chercheur associé à l’Institut d’Asie orientale (CNRS), vient de publier un nouvel ouvrage intitulé Vietnam: Un État né de la guerre 1945-1954.

Presque soixante ans après la chute de la garnison française à Dien Bien Phu, nous connaissons toujours mal l’autre côté combattant. Le « phénomène Viet Minh » est toujours expliqué soit comme la manifestation d’un patriotisme vietnamien « éternel » soit comme l’incarnation du « totalitarisme » communiste.

Se basant sur des sources vietnamiennes inédites, Christopher Goscha rompt avec ces interprétations pour analyser la manière dont les nationalistes vietnamiens conduits par le Parti communiste forgèrent un véritable Etat dans la perspective de mener l’effort de guerre, de préserver son assise territoriale et de projeter dans l’avenir la souveraineté nationale. Goscha remet également en cause le mythe d’une simple « guerre de guérilla » asymétrique opposant le colonisé au colonisateur. Grâce à l’assistance sino-soviétique, les communistes vietnamiens entamèrent une conversion vers une forme moderne de guerre conventionnelle et à cet effet, mirent sur pied une armée professionnelle. Pour réussir cette transition, le Parti accentua sa mainmise sur l’Etat, la société et l’armée. Le Parti instaura simultanément une révolution sociale radicale, non seulement pour mobiliser toujours plus de forces mais aussi pour remodeler l’Etat et la société selon le moule communiste.

L’histoire du Vietnam contemporain ne se réduit pas à « la » guerre, mais assurément elle fut sa matrice. En somme, l’Etat vietnamien a fait la guerre autant que la guerre a fait l’Etat.

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